Groupes de parole en ligne,
CLIQUEZ ICI

Sexologie et infertilité

Sexologie et infertilité

Incidence de l'infertilité sur la sexualité des couples

Une chose est certaine, la découverte de l'infertilité et le parcours de PMA qui s'ensuit ne sont pas sans conséquences sur la sexualité du couple.

Il peut être utile dans certains cas de se faire aider, conseiller  par un sexologue thérapeute. C'est sans doute pour certains une démarche difficile car très intime mais il n'y a pas de raison d'en avoir honte. C'est surtout une démarche qui permet de resserrer les liens du couple s'il a été fragilisé par cette découverte de l'infertilité et du difficile parcours de PMA. Cet accompagnement est d'autant plus utile que le parcours de PMA est long  s'il n'est pas couronné de succès.

Chacun peut imaginer que la lutte contre l'infertilité est éprouvante et malmène libido et sentiments. Elle peut parfois resserrer les liens dans le couple mais aussi détruire les couples fragiles.

La première chose à faire est d'en parler à son partenaire. Nier ou cacher ses troubles sexuels, comme la baisse de désir, ses angoisses, ses doutes, etc. ne fera qu'aggraver votre stress et par là même diminuer vos chances de procréer car on sait désormais que le stress est une cause importante d'échec de PMA.  

Les liens entre sexualité et infertilité sont doubles : des dysfonctionnements sexuels peuvent être la cause de l'infertilité et les traitements de PMA contre l'infertilité conduisent à des difficultés et dysfonctionnements sexuels.

Nous évoquerons brièvement ces deux aspects tant du point de vue de l'homme, de la femme que du couple afin de vous faire prendre conscience de la nécessité de consulter si l'une de ces difficultés survenait.

Les dysfonctionnements sexuels source de l'infertilité

Chez l'homme (10 % des cas d'infertilité proviennent de dysfonctionnements sexuels chez l'homme) :

- Troubles du désir (conflits, troubles relationnels, stress, problèmes de couple)

- Ejaculation prématurée "Antes Portas" c'est à dire une éjaculation " a la porte" avant de pénétrer sa partenaire. Cela concernerait 9 % des hommes.

- Absence d'éjaculation dans le vagin par anéjaculation ou éjaculation rétrograde (sperme qui passe dans la vessie).

- Trouble de l'érection ne permettant pas de pénétrer la femme (concerne 5 à 20 % des hommes selon l'âge).

Chez la femme :

- Vaginisme : c'est un dysfonctionnement complexe qui empêche toute pénétration dans le vagin en raison de vives douleurs. C'est un trouble d'origine psychologique.

- Autres douleurs lors de rapports sexuels : peuvent être causés par des causes organiques, infectieuses ou autres maladies gynécologiques profondes. Concerne 18 % des femmes.

- Les vulvodynies : douleurs inexpliquées de la vulve.

- L'anorgasmie ou absence d'orgasme. Ce n'est pas à proprement parler une cause d'infertilité mais elle doit être traitée car cette absence d'orgasme féminin aura à plus ou moins long terme des conséquences sur la vie sexuelle du couple et donc sa capacité de procréation.

Chez le couple

- Certains couples n'ont pas de rapports sexuels (concerne 1% de la population ou des rapports sexuels incomplets sans pénétration, ni éjaculation. Un grand nombre de consultation chez les sexologues concernent des mariages non consommés).

- Conjugopathie ou problèmes relationnels au sein du couple.

Les traitements de PMA à l'origine de dysfonctionnements sexuels

Chez l'homme :

- Faire l'amour sans désir, pour raison médicale, fait que l'homme se sent comme un "étalon". 20 % des hommes ont des difficultés d'éjaculation dans ces circonstances.

- S'il est responsable de l'infertilité, l'homme se sent honteux, atteint dans sa virilité et sa masculinité voire impuissant ce qui entraine des troubles sexuels.

- Des troubles psychologiques liés à ces questions d'infertilité peuvent entrainer une baisse du taux de testostérone donc de la libido.

- L'homme parfois n'ose pas fantasmer pendant les rapports programmés avec sa femme ou le jour du prélèvement de sperme aboutissant à une absence d'érection ou d'éjaculation.

- La masturbation pour la récupération du sperme dans un "réduit" fort peu excitant d'un laboratoire ou d'une clinique est souvent générateur de stress et même souvent de panne. De plus, il semblerait que plus le prélèvement prend du temps moins la qualité du sperme est  bonne. De plus la masturbation est parfois considérée comme honteuse par certains hommes pour des raisons morales ou religieuses et même parfois impossible.

- L'abstinence de 3 à 5 jours à respecter avant le prélèvement est parfois difficile à supporter pour certains hommes.

- Plus de 10 jours sans éjaculation altère la qualité du sperme. Il faut donc que  l'homme éjacule à tous prix, par tous moyens pour garder une bonne qualité de sperme. Tout cela est d'un romantisme .....!

- Il ne faut pas non plus oublier la composante symbolique liée à la procréation médicale assistée : le prélèvement du sperme ramène à l'idée de masturbation encore mal considérée par certaines personnes ou certaines cultures, les traitements avec don de sperme font penser à un adultère, l'insémination artificielle ou FIV fait penser à la pénétration et la fécondation de sa femme par un autre homme, etc. ...

Chez la femme :

- Sentiment de culpabilité si la femme est à l'origine de l'infertilité.

- Dans certaines cultures, l'infertilité féminine remet en cause l'image sociétale de la bonne épouse. La femme se considère comme sans valeur et son entourage le pense parfois sans le dire.

- Certains examens médicaux sont trés intrusifs comme celui qui consiste à observer comment les spermatozoïdes se déplacent dans la glaire cervicale après un rapport.  Bonjour l'intimité et la discrétion !

-La femme subit les effets secondaires des stimulations ovariennes : prise de poids, douleurs, nervosité, insomnies, bouffée de chaleur, qui ne favorise pas la libido.

- La prise de médicaments dits "agonistes de la LH-RH" utilisés dans les traitements de PMA diminue la libido par création d'une ménopause artificielle et crée une sécheresse vaginale.

- Des pertes vaginales dues à certains médicaments utilisés sous forme vaginale peuvent gêner la femme ou le partenaire lors des rapports sexuels.

- Le cycle féminin normal est remplacé à chaque nouvelle apparition des ses règles par une forte déception qui suit une période d'espoir. Ces cycles espoir-déception se répètent tous les 28 jours et certains couples finissent par cesser toutes relations sexuelles pour éviter ce yo-yo émotif !

- Les ponctions ovocytaires dans le cadre d'une FIV sont anxiogènes et perturbent la sexualité. Souvent après l'implantation d'embryons suite à une FIV ou une FIV avec don d'ovocytes, les couples n'osent plus faire l'amour de peur de faire échouer la nidification de l'embryon.

- Le transfert d'embryon peut ramener à la symbolique de la mère porteuse

Dans le couple :

- Avec les traitements de PMA, la sexualité n'est plus récréative et spontanée, fondée sur le plaisir mais souvent programmée avec un seul objectif : «concevoir un bébé". L'intervention d'un tiers, le médecin, qui programme et analyse  votre sexualité est mal vécue par le couple. Ces rapports programmés ont tendance à détruire le coté "érotisme", "jeu" et "sensualité" de la sexualité. Les relations sexuelles sont vues comme une "performance" à réaliser et rappelle à chaque fois la douleur de l'infertilité.

- Le sexe mécanisé génère un stress intense au sein du couple comme par exemple le coup de téléphone inopiné de sa femme au mari à son travail: "chéri, reviens tout de suite à la maison, ma température à monté de 1 degrés" !!!

- Pendant les traitements de PMA: insémination, FOV, FIV avec DO, certains couples n'ont plus de relations sexuelles car cela les "repose" de ces longues périodes de rapports sexuels programmés, obligatoires, à jours fixes et à un rythmes élevés "sur prescription médicale"

- Les dépressions tant masculines que féminines ne sont pas rares.

- Sentiment d'injustice.

Des solutions existent pour toutes ces difficultés et il sera utile pour  remédier de consulter un sexologue mais aussi un médecin et / ou gynécologue pour les causes organiques et fonctionnelles.

Le rôle du sexologue sera de détecter les difficultés, de guider, de conseiller, d'orienter l'homme, la femme individuellement si nécessaire mais bien sur le couple. Il pourra les orienter vers des thérapies douces ou vers des médecins selon les troubles détectés. Il sera à l'écoute et chacun des membres du couple pourra lui exposer ses doutes, ses interrogations, ses douleurs.

Selon le degré d'attraction entre les partenaires, le sexologue pourra proposer un travail sur l'estime de soi, sur le sentiment de culpabilité et d'anormalité. Il saura parler au couple de sexualité ludique qu'il a souvent oublié, du rôle bénéfique des fantasmes nécessaires pour une sexualité heureuse. Il leur conseillera de varier les pratiques, positions, lieux, moments et leur rappellera que la sexualité sert avant tout à s'aimer.

Il saura faire comprendre à la femme la souffrance masculine que souvent elle ne perçoit pas ou refuse de voir.

Le rôle du sexologue sera aussi de motiver le couple à faire une thérapie si elle est nécessaire.

La consultation d'un sexologue ne remplace pas un traitement médical classique contre l'infertilité. C'est une aide complémentaire.

Vous pouvez voir ici nos sexologues partenaires
Vous pouvez consulter ici nos ateliers, stages, conférences